February 2010
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Du nouveau sur unelonguemarche.ca

Eh oui! Mon premier but de 4500 km tire à sa fin. Je suis extrêmement satisfait de comment ça se passe. Ma routine me permet de jouir de la nature tout en gardant un bon contact avec vous, via ce blog. J’ai du plaisir à organiser mes déplacements d’un village à l’autre. Ma vie se passe entre deux abris de bois en passant par le bureau de poste et les auberges de jeunesse. Je profite de tous les moments que j’ai pour faire le plein d’air frais et de photos fabuleuses. L’hiver est plus coriace qu’attendu et rend la randonnée plus croustillante, vous offrant l’opportunité de lire et rire de mes déboires et mésaventures.

Or voilà que l’opportunité de continuer sur le ECT nous est offert!  Je suis près à affronter les panthères et crocodiles de la Floride. Je suis aussi près à partager les paysages de Terre Neuve, de la nouvelle Écosse et de l’Ile du Prince Édouard. Marcher 4000 km supplémentaires en 5 mois environ pour divertir vos yeux et vos oreilles. Mais j’ai besoin d’un coup de main financier pour ce faire. Un bouton vous permettant de m’aider a été mis à votre disposition pour « faire un don ».

Bien sûr, peu à peu, le site web évoluera pour permettre à différentes compagnies de promouvoir leurs équipements et leurs produits. Si tout va bien, à chaque mois nous aurons la chance de visualiser les acteurs qui m’ont accompagné sur unelonguemarche.ca – un périple de 8500km au travers les montagnes des Appalaches suivant l’Est de Amérique du Nord.

Certains d’entre vous m’ont mis en garde sur le retour à la « normale ». J’ai déjà préparé un plan de réhabilitation. Celui-ci consiste à vous présenter, en personne, ce long périple en montagne. Vous le présenter en mot et aussi en images. Bien sûr, le blog vous permettra de prendre avantage dès maintenant de la situation. Vous pourrez suivre semaine après semaine les péripéties vécues, en temps réel.

Alors, il reste environ un mois de marche pour terminer le premier objectif. Ce qui nous laisse amplement le temps de voir évoluer la chose. Je resterai ouvert. S’il faut arrêter quelques jours pour faire le plein, je vais le faire. Voilà, les différentes solutions de financement sont amorcées, il ne reste qu’à en faire le suivi, de bureau de poste en bureau de poste!

Bien à vous et à bientôt!

Simon (SpAz)

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jour 222, Ce que je retiens de mon périple à date.

Qu’est-ce que tu en retiens à date?

Plusieurs d’entre vous m’avez posé cette question au fil du temps. J’ai souvent esquivé la question me disant que l’expérience était trop jeune pour en tirer une conclusion. Aujourd’hui j’ai pris le temps de rassembler mes idées et d’en faire une réponse.

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Et bien oui, il est possible de mettre en action nos rêves. Il s’agit de les décomposer en étapes et de les suivre suivant les incidents et détours de parcours. Il faut garder l’esprit ouvert et avoir une certaine tolérance à changer notre plan en cours de route. Peu importe la situation actuelle, il ne suffit que d’avoir un rêve pour faire changer le sens de la vie!

Marcher en montagne est une excellente façon de se déconnecter de la vie contemporaine. Marcher durant plusieurs mois donne un temps de repos à notre rythme urbain. On peut facilement faire le point, le bilan. Ce que j’aime c’est qu’il n’y a pas de date limite à faire ce bilan. Je l’ai laissé venir peu à peu au fil du temps et de mes réflexions.

Dans mon cas, je voulais savoir quel genre de potentiel est-ce que j’ai pour vivre et partager ce genre d’aventure.  Quel genre d’effort est-ce que ça demande. C’est un gros contraste par rapport à la vie d’ingénieur contemporaine que l’on connait.

Je voulais aussi savoir ce que vivent les aventuriers d’aujourd’hui. Je me suis épanoui dans une sphère que j’avais négligée au fil du temps. Le sentier stimule beaucoup mon côté artistique, ma créativité et ma débrouillardise face à des situations diversifiées. C’est cet équilibre que je devrai rechercher à l’avenir.

Avec toute cette solitude, il est plus facile de se rencontrer soi-même. De s’observer agir, parler, rêver. La solitude est pour moi un moyen efficace de savoir où j’en suis dans mon évolution personnelle. Mais vous savez, la solitude c’est bien surtout quand t’as quelqu’un à qui le dire.

Encore une fois, j’adore me perdre. Quand je visite une ville ou une montagne, que ce soit à pied ou en voiture, c’est un excellent moyen de visiter les lieux encore inconnus.  Se perdre est un bon moyen de découvrir différents chemins pour revenir à la maison. C’est vrai physiquement mais aussi spirituellement et mentalement. Bref, se perdre est la première étape pour se retrouver, mais on n’a pas besoin d’être perdu pour découvrir et vivre une aventure. Je retrouve mon cœur d’enfant quand je découvre des nouveautés. C’est à la fois magique et fantastique!

Une fois dans l’action, c’est impressionnant combien la vision des autres aventuriers change. C’est-à-dire qu’aujourd’hui quand je lis un blog d’aventurier(ère) on dirait que je vois mieux les images des mots. Comme si, auparavant, un filtre brouillait ma compréhension de ce qu’il pouvait vivre. Aujourd’hui, je suis cents fois plus impressionné des exploits de mes pairs. On dirait que je vois bien les images de leurs textes et sens bien les émotions de leur style littéraire. Je vous invite à faire le tour des aventures affichées sur AngusAdventures. Toutes sont extrêmement intéressantes et surtout très impressionnantes.

Marcher 8 mois dans les montagnes c’est vivre au jour le jour. Même si ces mots évoquent bien la situation. Je ne le sens pas quand je le lis. Nous devrions voir, en lisant ces mots, qu’aucune pression de la vie ne pèse sur nos épaules. Aucune responsabilité n’est plus importante que la santé et le bien-être.   Même s’il existe d’autres responsabilités secondaires que l’on ajoute pour se divertir, elles restent légères. Peu importe si c’est de sauver le monde ou bien tenir une compagnie. Nos responsabilités d’aujourd’hui sont le résultat d’un choix passé. En prenant soin de son corps et de sa tête, un être humain peut accomplir l’impossible voir même des miracles. À la blague comme ça, j’ai le sentiment que Jésus faisait du Yoga et marchait beaucoup.

On est libre, vraiment. Il s’agit de vivre comme l’on rêve.

Le sentier des Appalaches regroupe une communauté de gens extrêmement différents. Les gens de tous les domaines se croisent sur le sentier. Qu’ils soient plombiers ou architectes, CEO ou maçon. Tous ont un sens commun à la vie qui les relie et les regroupe. Ces gens là vont s’aider mutuellement peu importe leur origine, leur croyance ou leur métier. Il est alors facile d’en apprendre plus sur un domaine qui ne vous est pas familier. C’est aussi un moyen de découvrir différentes personnalités.

Même sur le sentier il existe des blocages. Par exemple, pour éviter de ralentir la cadence il est facile de ne pas s’arrêter pour s’abreuver. On se dit, ahh je vais boire rendu au camping, 15 km plus loin. Pourtant boire quand il faut boire et faire ce qu’il faut faire drette  là là, règle bien des maux et en prévient d’autres. Finalement, la procrastination sur le sentier existe mais elle est bien plus nocive que dans la vie contemporaine. Ce qu’il faut faire est pour la survie et le bien être uniquement. C’est assez primaire comme besoins.

Dans la vie, il n’y a pas que la marche. Il existe une panoplie d’aventures qui peuvent être vécues. Comme il existe une multitude de façons de vivre. Certains vivent l’aventure de la vie avec un casque et des protège-coudes avec des gants de kevlar. D’autre la vivent différemment, nudistes face aux dangers, près à improviser quelque chose. Certains ont compris que leur aventure à eux c’est de fonder une famille. D’autres veulent vivre au gré du vent. D’autres choisiront une vie strictement professionnelle.

Sur le sentier, j’ai trouvé comment détecter où est ma limite de gentillesse. On peut bien être gentil à l’infini. Mais il ne faut pas se laisser sombrer sinon on frappe un mur. Les limites de notre mental ont souvent un effet sur notre corps. Il s’agit de suivre les signes.

Suivre les signes, suivre ses intuitions. C’est ça le gros bon sens pour moi. Ya pas une petite voix qui vous a dit quelque chose aujourd’hui?

Voilà! J’espère que ça répond à la question et que ça satisfait votre curiosité!

Votre petite voix vous dit d’écrire un commentaire! Faites-le, simplement!

à Bientôt!

Simon (SpAz)

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la pyramide de Maslow

la pyramide des besoins

Jour 220, Damascus, 3854 km

Je profite de mon passage à la poste de Marion pour faire le ménage de mon sac d’équipement. J’y entreposais le surplus d’équipement d’été ou pour un hiver encore plus mauvais. J’ai donc retourné à la maison des lourds items tels que mon vieux chaudron, deux canifs multifonctions, un très chaud pantalon en polar, mes deux bouteilles Nalgènes et d’autres cossins.

John, agent au service à la clientèle du bureau de poste, me ramène au sentier avec un sourire qui ne décroche pas. Il est vraiment heureux de voir un randonneur à ce temps-ci de la saison. Il m’annonce qu’il va y avoir de la neige, et encore plus de neige dans 3 jours environ. Je suis surpris. Je repense à la dernière fois qu’on m’avait averti avant les fêtes. Je ne m’attendais vraiment pas à autant de neige. Cette fois, je suis prêt. J’ai mes raquettes et tout mon barda pour affronter ce genre de température. Au pire des cas, je serai à Damascus dans 3 jours. C’est LA ville pour les Hikers.

J’amorce la marche de 16 km jusqu’au prochain abri en début de soirée. Il fait bon dehors, pas trop froid, pas trop chaud. La neige a commencé à tomber, parfois par de gros flocons, parfois de façon horizontale et d’autres fois en petite neige légère. La neige cesse de tomber alors que j’arrive à ma destination plus tard en soirée.  C’est le modèle de shelter avec un foyer à l’intérieur.

Au matin, la neige recommence à tomber en gros flocon. La montagne me fait monter doucement. Aujourd’hui je vais monter à 5000 pieds. Ça fait longtemps!  La dernière fois c’était dans les Whites, 140 jours plus tôt. J’arrive sur le haut de la montagne après le coucher du soleil. Au moment précis où le vent se lève. Il neige toujours. Maintenant ça me fouette en plein visage. J’évolue alors sur le plateau de la montagne avec une température en chute libre et des bourrasques de vent qui me font tituber. Il vente tellement fort que mon couvre sac s’est envolé. Ça s’est passé au même moment où j’observais un arbuste se débattre contre le vent. C’est incroyable toute cette force qui a dans le vent et pourtant, le petit arbuste à bien survécu. La neige à recouvert le sentier et c’est difficile trouver les repères de piste dans le blizzard. Je trébuche ici et là, sur la glace enfouie. Puis, de retour à la ligne des arbres, mes pieds se prennent des les branches au sol. Plusieurs arbres sont tombés et le sentier est devenu un terrain accidenté. On dirait que je faiblis. La seule chose à laquelle je pense c’est la sécurité et le confort de ma destination : trois murs et un toit.

Imaginez la surprise que j’ai eue lorsque que deux poneys ont traversé le sentier. Je les ai surpris. Et oui! Des poneys sauvages vivent dans le parc du Mt Rogers. C’est ce que j’ai appris sur une affiche d’information au parking sur le plateau. Incroyable! Des troupeaux de poneys se terrent quelques par dans les buissons de ses fabuleuses montagnes.

La neige virvolte jusque dans le fond du shelter et je dois me couvrir convenablement pour la nuit. J’y installe donc une toile pour me protéger.

J’étais un peu triste au matin. J’étais persuadé que j’avais manqué le clou du spectacle durant la nuit. De voir ces troupeaux gambader dans les vallons. Pas moins de 20 pieds plus tard (à partir du shelter), trois charmants poneys tentent de se nourrir, du mieux qu’ils le peuvent. Alors je m’installe! Caméra sur le trépied, herbes à la main, je m’approche. L’un d’eux me regarde d’un seul œil, en attente. Puis il se rend compte que je tiens des herbes sèches. Pfff, aucun intérêt, il se retourne, creuse avec sa patte et déniche de l’herbe un peu verte. Ahah! Je fais pareil! Me voilà armé d’une poignée d’herbe verte. Je séduis donc mon prochain poney, plus jeune, plus fougueux. Il me donne des coups de tête alors que je le touche. Il mange les herbes délicatement dans ma main. Succès! J’ai toujours mes dix doigts!

Ah zut! Ma carte mémoire est pleine. Les poneys se sont regroupés autour de moi le temps de changer la carte. Le plus vieux est en attente d’un miracle tandis que le plus jeune s’affaire toujours à dénicher son festin. Après quelques minutes je leur exprime ma reconnaissance et je quitte les lieux sur un nuage de bonheur. La journée est fabuleuse, presque pas de vent, un gros soleil et un ciel bleu. Qu’est-ce tu veux de mieux?!

Un peu plus tard mon moral est tombé à pic, mort. Voici une jument mourante. On dirait qu’elle a donné naissance à un poulain dernièrement. Elle est incapable de bouger. Sa peau est sur ses os. Elle lève la tête et bouge sa patte à mon arrivée. Après un court  instant, elle repose doucement sa tête au sol et ferme les yeux. Épris d’émotions, je vais la voir et tente de lui donner un restant d’épinards séchés. Elle liche mes mains, mais ne mange rien. Puis, une fois de plus, repose sa tête et ferme les yeux. Je reste debout à regarder la scène, le visage « vide » et impuissant.

Les sangles de mon sac se brisent tandis que je l’agrippe par l’avant. J’ai dépassé largement le poids recommandés durant la dernière semaine. Ce sont les deux sangles qui tiennent le petit sac du haut qui sont brisées. Rien de grave, mais je dois reprendre mon vieux sac à dos pour l’hiver, il est peut-être lourd mais ultra durable,

L’après midi reste serein. Le vent s’est levé, le ciel est toujours bleu. Je peux voir plusieurs troupeaux de poneys sauvages ici et là. Le temps passe et la pénombre s’installe. Le coucher de soleil est sublime du haut de  Whitetop. Ma peine s’estompe tranquillement mais l’image de la jument reste. C’est un endroit sauvage et reculé. Les gens du village me racontent des histoires semblables. Tous ont le même sentiment d’impuissance. C’est ça la vie sauvage.

Les logs indiquent que Letitbe marche vers le nord. C’est donc ses traces que je suivais plutôt dans la journée. Je croyais que c’était un habitant qui marchait comme ça. Ses traces ne suivaient pas vraiment le sentier. Finalement, le lendemain au bar du coin, il me dit qu’il s’était perdu. J’ai aussi appris que GG à fait une tentative de retour sur le sentier. Ils devaient se rejoindre et reprendre leur marche ensemble plus au nord mais il semble qu’elle soit retournée à la maison définitivement.

Durant le temps des fêtes, elle a présenté le sentier des Appalaches aux étudiants de sa mère. Ils étaient si emballé par cette présentation qu’ils ont fait des cartes de remerciements! Vous pouvez les voir si bas.

J’arrive en début d’après midi, le lendemain, au village. Suite à une belle petite marche matinale, le proprio du magasin de plein air et moi nous nous sommes bien bidonnés à regarder l’usure de mon équipement. Les bretelles du sac à dos sont devenues deux fois plus étroites que les originales et mon matelas de sol est la moitié de son épaisseur de départ. J’en ai donc acheté un nouveau. La nuit, c’est fréquent, j’ai froid dans le dos.

Et voilà! L’état de la Virginie est terminé. Une belle randonnée monochrome, ponctuée d’incroyables rencontres, de conditions hivernales intenses et de paysages à couper le souffle. C’est maintenant le tour des montagnes du Tennessee et de la Caroline du Nord à me faire de l’œil. Ce samedi, il devrait tomber plus de 20 cm de neige. Ma vitesse de marche va certainement diminuer considérablement. Par contre, le paysage devrait être habillé d’un beau manteau blanc pour l’occasion. Ça reste à voir!

Je vais rester la fin de semaine dans cette petite ville pour fignoler quelques trucs. Saviez-vous que le sentier va bien au-delà des limites de mon objectif courant (4500km). En fait, il commence à Terre Neuve, passe par la nouvelle Écosse, puis l’ile du Prince Édouard pour s’enchaîner avec Cap Gaspé et se terminer à Key West en Floride. Ça fait un total d’environ 8500km. La majorité des gens appelle ça le sentier international des Appalaches et c’est aussi connu sous le nom du sentier continental de l’Est.

À bientôt !

Simon (SpAz)
www.unelonguemarche.ca

À venir (jours estimés à partir du 1ier février)
Erwin, TN 37650 (10-12 jours)
Hotspring, NC 28743 (15-17 jours)
Fontana dam, NC 28733 (24 jours)
Helen, GA 30545 (30 jours)

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Jour 217, Marion VA, 3743 km

(sur un air Zen de satisfaction)

Mmm… Trois jours de repos dans une auberge de jeunesse centenaire. Woodshole est un genre de chalet construit en 1880. Au fil des ans, ce bâtiment à été rénové et des nouvelles installations ont été ajoutées. Aujourd’hui nous y trouvons un havre de paix où les invités pratiquent le yoga, la marche et même profiter de soins de santé. J’y ai passé trois jours à organiser mon portable et mon iPod.

Dame Nature en a profité pour faire fondre la neige à coup de journées de pluie. La température est revenue dans les normales saisonnières. Le sentier est passé d’enneigé à boueux. Durant mon retour au sentier, j’ai eu une drôle de pensée. « J’ai hâte de partir. » Comme si j’étais cloué quelques part. Elle c’est tout de suite envolée alors que mon troisième œil voyait bien que je marchais dans le bois, vers l’inconnu. Drôle de feeling.

Mon sac est très lourd. J’ai tout mon barda d’hiver, incluant mes semelles à vis et mes raquettes. J’ai échangé mes sandales Crocs pour mes bottillons en duvet. J’ai même quelques paires de bas supplémentaires. Quel luxe !

Au deuxième jour, Il pleut sans arrêt. Hier c’était le beau temps, chaud et ensoleillé. Aujourd’hui c’est pluvieux et humide. J’écoute ma musique durant la majeure partie de la journée. Mon pas est constant et j’ai un sentiment de liberté et de légèreté. L’eau passe au travers de mon imperméable, au niveau de mes épaules et le zip se dézipe du bas vers le haut. Aussi, l’eau s’accumule dans mes bottes. Leur imperméabilité à pris fin dernièrement. Vers la fin de l’après midi, une douleur s’installe à chacun de mes pas.
Mes pieds sont ratatinés. La peau se replie tellement que ça forme des craques qui font mal.

Deux chasseurs, embusqués derrière un arbuste, regardent avec attention en direction de la route. Je les surprends alors que la nuit s’installe. L’un deux est clairement saoul. Ils doivent répéter plusieurs fois leurs paroles puisque je ne comprends rien à leur accent du sud. Je continue ma marche après leur avoir souhaité bonne chasse. Ils ont installé des pièges pour attraper un lynx. C’est un bon alibi, la semaine dernière je pouvais voir des traces dans la neige. Suite à cette rencontre, j’entreprends de marcher jusqu’au prochain abri, qui est à plus de 11km de là. J’y arrive à 21h avec une journée d’environ 40 km dans le corps. Je n’y voyais rien, le brouillard était tellement épais. Ça été une belle surprise quand j’ai vu le shelter.

Le verglas tombe toute la journée du lendemain. Je reste très concentré tout en écoutant ma musique. C’est le même scénario que la veille. Aussi, les logs indiquent que tous les southbounders (thru hiker qui vont vers le sud) sont déprimés et ne pensent qu’à retourner chez eux.  Mon moral reste stable malgré tout. Je suis ici parce que je le veux et si j’étais à la maison, je rêverais d’être ici. Je ne partage donc pas leur sentiment. La journée s’écoule avec un autre 40km accumulé. Ma progression m’impressionne. La neige est disparue et il est facile pour moi d’avancer.

Au matin, la forêt fait un gros brouhaha. Ce sont les arbres qui se secouent. Un à un, ils enlèvent la glace qui s’est installée la veille et durant la nuit. C’est une couverture lourde de 2 pouces de glace qui habille leur branche. Je les comprends de vouloir s’en débarrasser. La forêt m’offre un paysage exceptionnel. Un jeune hibou m’observe un moment avant de s’élancer plus loin.

Lors de ma descente de la montagne, un groupe de weekenders m’indique l’emplacement d’une autre auberge de jeunesse. Ils me disent aussi que Headstrong est passé il y a plusieurs semaines. En arrivant à la station d’essence désignée, je questionne l’employée pour en connaître d’avantage sur l’auberge de jeunesse. Mais parait-il qu’elle est fermée pour l’hiver. J’en profite pour me ravitailler et continue mon chemin jusqu’au prochain abri. Ça été une bonne journée nuageuse, sans pluie, sans glace, sans soleil.

Il me reste environ 2 heures à parcourir avant d’arriver à mon prochain arrêt à Marion. Je prends donc tout mon temps. C’est dimanche, la poste est fermée. J’ai prévu faire mes achats et mon lavage ce soir et demain je ferai ma paperasse hebdomadaire. Je me demande bien comment je vais faire mes impôts cette année!?

Après avoir fait du pouce pendant une heure sous la pluie, je m’élance sur la route sillonnant les flancs des montagnes. Un homme arrive après une heure de marche. Il se nomme Chad. Il est pasteur et à toujours rêvé de faire le sentier. Il m’apporte gentiment au motel le moins cher du coin. Deux femmes s’y trouvent et m’accueillent. Le prix suggéré est 20% plus élevé que publié. Je proteste. La gentille femme corpulente m’offre d’égaler son compétiteur. Très bien, mais qu’en est il de la buanderie et d’une connexion internet? Et là la moins gentille et mince femme me dit qu’ici on n’est pas dans une grande ville, ya pas un motel avec ce genre d’installation. Ici c’est une petite ville. Et même le prix du compétiteur est plus élevé. Et pis, elle ne sais pas à quoi je pense.. ici c’est une petite ville, je ne peux pas m’attendre à de tels services. Marion… Une petite ville assez grande pour accueillir un Walmart, un Foodlion et un autre super gros de l’alimentation. Plusieurs hôtels de luxe s’y trouvent et même que le bureau de poste a trois comptoirs de service. Je décide donc d’aller prendre une marche sous la pluie. Je me retrouve à l’autre motel, le ventre plein et le linge propre. J’ai profité du marché d’alimentation et de la buanderie au passage. Ici, le prix est le bon et il n’y a toujours pas de connexion internet. Pas de problème, la bibliothèque municipale est tout près.

C’est une petite semaine qui est à venir. J’ai environ 3 jours d’un bon pas de marche pour arriver à Damascus, mon prochain arrêt. C’est la limite de la Virginie et du Tennessee. D’ici là je vais gravir le Mt Rogers et Mt Whitetop d’une hauteur dépassant les 5729 pieds. Aussi, j’attends de la neige pour ce soir et demain. Donc, pas question de quitter mes raquettes, mon sac restera lourd.

À très bientôt !

Simon (SpAz)
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À venir (jours estimés)
Damascus, VA 24236 (3-4 jours)
Erwin, TN 37650 (15 jours)
Hotspring, NC 28743 (20 jours)
Fontana dam, NC 28733 (28 jours)
Helen, GA 30545 (25 jours)

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Jour 207, Pearisburg VA, 3583 km

Je suis à l’aéroport d’Ottawa, assis au café tout près de l’aire d’embarcation. Le vol qui m’amènera à Dulles est retardé d’une heure environ. J’en profite pour vérifier mes courriels et peaufiner certains détails techniques. Ma montre GPS est devenue défectueuse et Suunto aimerait l’analyser. Aussi, je recontacte le gentilhomme qui m’a donné mon dernier « lift ». Il m’avait offert de me reprendre à l’aéroport, m’héberger pour cette nuit et me ramener au sentier demain matin. Charles est très enthousiaste par rapport à mon périple. Ça fait longtemps qu’il a suivi un thru-hiker et il se fait un plaisir de m’aider comme il le peut. Il est âgé de 70 ans et est à la tête de Escort Data Loggers (http://www.escortdataloggers.com). Ça fait aussi partie des ses rêves que de marcher le sentier des Appalaches. La randonnée pédestre est son sport préféré. C’est ainsi qu’il m’attendait tout près du débarcadère à l’aéroport de Roanoke. J’ai donc eu droit à un accueil chaleureux enrichi d’un sourire flamboyant et d’une poignée de main enthousiaste.

Je me rends bien compte, le lendemain matin au bureau de poste, qu’il me manque mon brûleur à alcool. Selon ma mère, il est tombé entre deux tables sous un coussin à la maison. J’entreprends la construction d’un modèle de remplacement devant les yeux ébahis de mon hôte.

La neige a presque toute fondue, mais certaines accumulations persistent toujours. J’avais prévu le coup en ville et j’avais envoyé mes raquettes plus loin. J’ai suivi les traces d’un homme et son chien presque toute la journée. Je me doute bien que Kevin a dû reprendre le sentier avec Morgan. La température est clémente ce soir. Il fait environ -8 degrés Celsius et il n’y a pas de vent. Les fruits et légumes séchés que m’a mère m’a préparé me rappellent les couleurs de l’été. Ce soir, je déguste un savoureux repas froid. Les saveurs des fruits et légumes sont grandement amplifiées du fait qu’ils ont été déshydratés. Aussi, ces saveurs font contraste avec la neige et la glace hivernale, sans goût. J’ai toujours associé une couleur aux saveurs.  Or voilà que le blanc hivernal ne m’inspire pas de grande saveur colorée! Mon magot de fruits séchés devient alors un oasis exceptionnel.

Le lendemain après midi, je passe près de Trouville. J’en profite pour remplir mon conteneur d’alcool et mon sac de bouffe. J’apprends aussi que ce n’était pas les traces de Kevin que je suivais. Il m’a dit au téléphone qu’il est toujours en Floride et qu’il comptait revenir sur le sentier après avoir réglé quelques trucs. Je termine la journée sous ma tarp, entre deux montagnes. La nuit était calme et je pouvais sentir déjà la vague de froid s’installer graduellement.

Tellement froid qu’il m’était impossible de démarrer mon brûleur pour me faire chauffer de l’eau au matin. L’alcool ne pouvait pas s’évaporer à cette température. Le vent augmente de façon significative durant la journée et très vite je dois cacher mon visage pour éviter des engelures. Je marche toute la journée suivant une crête surplombant la vallée. J’arrive lentement au fameux rocher de McAfee knob. C’est un caillou horizontal qui s’avance dans le vide et offre un point de vue magnifique sur la chaîne de montagnes d’en face. Sans le savoir, je manque l’une des plus majestueuses photos du sentier. Celle où l’on voit le rocher s’avancer dans le vide. Le point de vue n’est pas visible lorsqu’on marche du Nord au Sud. C’est ce que j’ai appris en soirée dans le restaurant familial de Catawba. Nous pouvons y contempler la fameuse photo dans le hall d’entré. J’y passe environ trois heures à essayer de me réchauffer. Mon visage pétille alors qu’il revient à une température normale. Je peux sentir le café chaud couler jusque dans mon estomac. Après avoir bu 8 cafés et 3 assiettes de poulet et légumes, ma chaleur corporelle était plus décente. Ça faisait une journée et demie que je n’avais pas bu ou mangé chaud. Disons qu’après m’être bien rassasié j’étais content de profiter d’un feu de foyer. Des gens de la localité m’annoncent qu’il fera froid pour au moins trois jours. Je me dis que ce n’est pas si mal. Arrivé à Pearisburg, je vais pouvoir échanger mon four à alcool pour mon brûleur à gaz blanc (Coleman). Celui-ci est moins sensible aux basses températures.

Cette nuit là il a fait -15 degrés Celsius avec un facteur vent de plus de 40 km/h. Selon la charte suivante la température ressentie était de -27 degré Celsius. Heureusement que ma toile me protégeait du vent! Ce fût l’une des nuits les plus froides que j’ai connue jusqu’ici. Quel retour sur le sentier!

Le lendemain est une autre magnifique journée. Le vent s’est affaibli et il m’est possible de marcher sans ma coquille de Goretex. J’en profite même pour aller surfer la roche de Dragon Thoot qui surplombe le territoire. On dirait que la roche est le bout d’une colonne vertébrale de dragon qui forme la chaîne de montagne. C’est bon d’être haut en montagne! L’air y est frais et les points de vue y sont rafraîchissant.

Je passe la soirée au shelter suivant où je me rends compte que mon nouveau stylo stérilisateur ne fonctionne pas. La lampe UV est brisée semble-t-il. Merde! Pour consommer l’eau prise dans le ruisseau je dois donc la faire bouillir. Depuis mon arrivée sur le sentier, j’ai toujours pu remplir mes gourdes avec l’eau des commerces avoisinants. Je réussi finalement à allumer mon brûleur à alcool après avoir fait chauffer le tout avec ma bougie. Mon nouveau brûleur « homemade » est si puissant qu’il fait fondre l’aluminium de mon coupe vent. Je fais plusieurs passes pour chauffer l’eau pour boire puis pour manger. Puis soudainement, « POP »,  il explose en séparant ainsi les deux morceaux de cannette sous mon chaudron qui est protégé par le coupe-vent. Aucun problème, je le rebats. En allumant le brûleur par son centre, la flamme s’est faufilée à l’intérieur des cannettes créant une pression trop grande. Une fois expérimenté, c’est le genre de truc que tu ne refais pas.

Alors voici la nouvelle situation, je suis entre deux villages. Pas de brûleur fiable, pas de filtre à eau. Je dois marcher encore 3 jours pour arriver à Pearisburg où devrait se trouver ce qu’il faut pour tout remplacer. Pas question de courir le risque de tomber malade ici. Alors je sors de la forêt au matin pour emprunter le premier chemin de terre. Espérant y trouver de l’aide. J’aperçois une première maison après trois quart d’heure de marche. J’y demande des indications pour aller à Pearisburg. La femme m’indique que pour y arriver je devrai marcher environ 6 miles puis faire du pouce. Mais elle me déconseille fortement de le faire puisqu’un couple de campeur se sont fait tué en montagne il y a deux mois.

Tout le voisinage est aux aguets et ont la chair de poule. Je suis toujours sur le portique et lui parle au travers la fenêtre. Après quelques minutes de discussion elle se présente, Beverly. D’habitude elle accueille les marcheurs mais depuis les meurtres, elle n’ose plus. Elle tente d’appeler un voisin pour y quérir de l’aide. M’offre un café. Puis elle me demande d’appeler mon ami Charles. Avant de se quitter quelques jours plus tôt, il m’avait offert son appui si j’en avais besoin. Et aujourd’hui, j’avais besoin d’aide. Finalement, après avoir averti deux de ses voisins, Beverly me laisse entrer le temps de me réchauffer.

Quelques heures plus tard je suis de nouveau chez mon ami Charles. Je n’ai qu’une pensée : Merci mon Dieu d’avoir mis sur mon chemin des gens si généreux! Il a parcouru plus de 45 minutes de camion pour me sortir de là. Demain nous irons 160 km plus loin pour aller chercher l’équipement et me ramener sur le sentier. Nous profitons de la soirée pour jouer un peu de musique, réparer son imprimante et manger.  J’apprends qu’il adore le sirop d’érable, comme nous. Aussi, suivant une discussion sur les affaires, il me lance qu’il aurait peut-être besoin d’un ingénieur logiciel pour un contrat à court terme.

Au matin, je récupère ma pompe à eau et mes raquettes que j’avais envoyées à Pearisburg. Mon brûleur whisperlight n’y est pas. Il est dans mon sac d’équipement qui s’est retrouvé à Damascus, environ 150 miles plus loin. Je vais devoir faire sans lui pour environ 3 jours de plus, le temps que le colis et moi revenions à ce petit village.

De retour sur le sentier en après midi, la tête dans les nuages. La journée est splendide et j’en profite pour utiliser mon trépied pour faire quelques vidéos. Je prends bien soin de le ranger convenablement avant de reprendre la marche. Mais quelques minutes plus tard, je m’aperçois qu’il n’est plus sur moi. Un oiseau de proie s’envole alors que je rebrousse chemin. Il transporte quelque chose mais je ne peux pas dire quoi. Finalement, après deux heures de marche à reculons, je n’ai jamais retrouvé mon trépied. Je présume que l’oiseau avait besoin d’un perchoir. Pas de problème, j’avais prévu le coup, il y en a un autre qui m’attend au bureau de poste.

J’arrive à destination plus tard en soirée. Tout heureux que ma journée se termine bien et que je puisse boire de l’eau en toute sécurité. Mais il y a quelque chose qui cloche ici. Il y a des pots de liquide dans le coin. Un article traitant sur l’organisation d’une orgie ratée. Un poème qui justifie pourquoi le mot « vile (1) » est bon. Puis je remarque que cet endroit à été visité très dernièrement. Il y a des « wet ones » plein de merde qui traînent tout près du rond de feu. Des buches ont été clairement allumées hier soir. Une lime toute rouillée qui traîne dans le coin. Puis je me rappelle comment tous les gens du coin  me disaient de bien faire attention à moi. Parait-il que cet endroit à été objet d’un meurtre il y a deux mois. Un jeune couple à été tué par balle dans la tête et la fille à été mutilée. Pas moyen de décompresser ici, c’est bien trop stressant. Et si j’avais de la mauvaise compagnie ce soir. Qu’est-ce qu’un gars peut bien faire pour se défendre alors qu’il est enroulé comme un saucisson dans son sleeping bag?

Fait que finalement j’ai décidé que j’irais dormir plus loin. Pas mal plus loin, voir 16km. Durant ce 16km de marche nocturne, j’ai dépassé les restes des rubans de sécurité que la police installe dans de telles circonstances. J’ai aussi manqué une sacrée vue sur la vallée et les montagnes avoisinantes. La crête escarpée s’étalait sur environ 11km et s’était établie à environ 3500 pieds. La neige n’avait pas fondue à cette altitude. Il n’y avait pas de trace de pas non plus et les balises du sentier étaient plutôt en mauvais état. Bref, je me suis perdu plusieurs fois. De plus, ma gorge était sèche. Dans ma hâte de quitter les lieux du crime, j’avais planifié prendre de l’eau au ruisseau dans la montagne. Mais il était à sec. Mes gourdes étaient vides depuis plusieurs heures.

Première chose que je remarque en arrivant au shelter: des traces de pas. Un homme d’environ ma grandeur et mon poids était sorti de nul par et parcourait les alentours. Il n’avait pas laissé de note dans le logbook du bâtiment. Selon mes observations de ses traces de pas. Il a passé la nuit ici, puis il a pris de l’eau à la source et qu’il est parti en fin d’avant midi. Peu importe, je dormirai à poings fermés ce soir.

Le lendemain matin, rien n’avait bougé et j’étais toujours seul. Bonne nouvelle. J’entame ma journée de marche qui s’orientait comme suit : redescendre de la montagne, traverser la vallée et passer la prochaine montagne. Aujourd’hui m’attendaient des points de vue exceptionnels sur les collines de la localité. Un arbre, trois fois centenaire, m’a accueilli dans la vallée. Juste avant de passer des affiches intitulées « REWARD » qui avaient été installées en bordure des routes. Un autre meurtre avait été commis. Un chat avait été tué par une balle dans la tête et le propriétaire cherchait vengeance. J’ai finalement pu échanger quelques mots avec des étudiants qui profitaient de leurs derniers jours de vacances en forêt. Une très belle journée sans anicroche, enfin! Demain j’aimerais me rendre aux limites de la ville de Pearisburg étant donné que mon sac de bouffe est presque vide. Une marche de plus de 40km traversant deux montagnes de 4000 pieds.

La matinée consistait à environ 19 km pour atteindre le prochain shelter puis gravir et traverser la grosse et dernière montagne sur 21 km puis arriver à la ville. Je me lance dès 7 :30 le matin. Je ne voulais certainement pas marcher de nuit et me reperdre encore. Une fois sur le haut de la montagne je dois suivre son long et la redescendre environ 11 km plus loin. Elle me force alors à jouer une partie de « où est la marque blanche » dans un décor blanc. Finalement, je suis complètement perdu sur le haut de cette crête blanche. J’ai beau faire des zigzags autour de mon dernier point de repère, suivre la crête et la route du sommet. Les marques blanches qui balisent le sentier ont disparu. Pour me retrouver et avancer je coupe au travers le bois pour retrouver le chemin forestier plus bas. Puis je le suis sur environ 2 km pour arriver à une intersection. Ce qui veut dire que j’avais dépassé le sentier. Je décide donc de couper dans le bois pour retrouver la prochaine rue qui croise le sentier de façon plus évidente. La journée est splendide et tourne autour du point de congélation à mi-montagne. Je gambade dans la neige folle jusqu’en bas. Contournant arbres et roches comme si j’étais en plein dans une descente de ski alpin extrême. Arrivé à la rue, selon ma carte et ma position estimée, je devrais rejoindre le sentier de l’autre côté du ruisseau qui est de l’autre côté de la route. Go!

Après avoir failli tomber dans l’eau du ruisseau, gagné plusieurs égratignures aux mains, poignets et au visage. Après avoir traversé un lac de castor semi-gelé, gravi une colline, traversé des mini forêts de ronces et de plantes qui piquent puis retraverser le ruisseau. Je retourne finalement à la rue un peu écorché de cette fausse manœuvre. Plus de quatre heures ont passées depuis la dernière fois que j’ai vue une balise de sentier. Le premier automobiliste m’ignore totalement. Puis un vieux couple m’indique que le sentier juste en face de moi, à un demi-km environ. Fantastique!

Mais jamais je ne me risquerai de traverser la prochaine montagne sans soleil. Je dois donc oublier mon objectif de 40 km aujourd’hui et étirer mes rations de nourriture et d’alcool.

Pour me consoler, Lucky avait laissé un magasine Maxim (maxim.com) dans l’abri. Celui-ci était fait tout en pierre et était muni d’un foyer. Très vite, l’endroit était chauffé confortablement. Même que celui qui entretien l’endroit avait isolé le tout avec du plastique coupe vapeur.

Pour la journée suivante, même scénario était prévu. À la différence que cette fois-ci pour me retrouver sur le haut de la montagne, je pouvais compter sur des vieilles empreintes qui apparaissaient par-ci par-là. Aussi l’architecture de la montagne était plus facile à suivre, il suffisait d’arriver aux lignes électriques, puis le dernier abri avant la ville était tout près. J’y étais avant le couché du soleil après une journée épuisante dans des bancs de neige qui atteignaient les 3 pieds à certains endroits. Je n’ai pas manqué perdre plusieurs fois les fameuses marques blanches. Ici, c’est pire qu’au Québec. Le sentier n’est pas balisé.

Quelques jours auparavant le log book indiquait que Dances était arrivé sans plus aucune nourriture. C’est probablement pour cette raison qu’en arrivant au shelter j’y ai trouvé un gros sac de nouilles ramen et un deuxième gros sac de trail mix. Exactement ce qu’il me manquait pour bien finir ma journée! J’ai passé ma soirée avec deux autres étudiants qui, eux aussi, profitaient des derniers jours de congé.

Tout ça pour arriver enfin à Pearisburg vers midi où m’attendait mon four whisperlight, mes pantoufles en duvet, mes (vraies) semelles à visses et des denrées déshydratées au bureau de poste. Ça prend toujours du temps pour tout bien organiser au bureau de poste. Bien des gens viennent et vont. Certains sont curieux d’autres le sont moins. C’est ainsi que j’ai rencontré Michael, le propriétaire de l’auberge de jeunesse tout près de Pearisburg. www.woodsholehostel.com. J’y serai toute la fin de semaine, pour bien prendre le temps de mettre à jour ce blog et pour fignoler d’autres détails de logistique particuliers. Aussi, j’y échangerai quelques heures de labeur contre un lit et un toit.

J’ai appris que Headstrong a passé les fêtes ici. En lisant mes derniers courriels il semble en avoir marre de la solitude hivernal et il devrait être très près de son arrivé au mont Springer en Georgie. À partir de Woodshole, il reste environ 1000 km avant la fin de cette section du sentier des Appalaches. J’ai donc parcouru plus du ¾ du trajet initial.

Villes et estimés à venir.
Compte tenu des conditions hivernales
(À partir du 16 janvier, moyennant 20 km par jour environ)
(Ce qui inclut le temps d’écrire)

Marion, VA 24354 (9-10 jours)
Damascus, VA 24236 (14-15 jours)
Erwin, TN 37650 (25 jours)
Hotspring, NC 28743 (30 jours)
Fontana dam, NC 28733 (38 jours)
Helen, GA 30545 (45 jours)
(environ 50 jours – fin de A.T.)

En suivant cet estimé, j’arriverai au mont Springer le 7 mars 2010.

À bientôt!

Simon (SpAz)
www.unelonguemarche.ca

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(1)Definition du web : vile : Synonyme de despicable: morally reprehensible; “would do something as despicable as murder”; “ugly crimes”; “the vile development of slavery appalled them …